Méthaniseur : le préfet sollicité pour protéger les populations et l’environnement

Un méthaniseur urbain, qui collectera tous les déchets de la métropole, construit à proximité d’usines dangereuses dont deux Seveso, dans une zone inondable en bordure de la Loire et de la piste cyclable de Loire à Vélo, dans un secteur déjà fortement impacté par les embouteillages et à 600 mètres des premières habitations d’Indre, est-ce bien raisonnable ? 

C’est ce message que  nous avons tenté de faire entendre par lettre recommandée au préfet des Pays de Loire. Datée du 11 mars, avec copies recommandées en particulier aux maires d’Indre, St Herblain et Nantes, la lettre ci-dessous est toujours sans réponse… Mais nous espérons encore. 

Methaniseur – enquête publique du 17/4 au 17/5

Prévu sur Saint Herblain, quai Emile Cormerais, à 600 mètres de nos fenêtres, le projet d’unité de méthanisation de Engie Bioz va bientôt entrer dans sa phase d’enquête publique.

Du 17 avril au 17 mai 2023, en mairie, un registre d’enquête sera mis a disposition du public dans lequel chacun sera invité à faire part de ses commentaires ou interrogations sur la future implantation. Un commissaire enquêteur assurera également des permanences pour répondre aux questions.

Nous n’en savons guère plus pour le moment, mais vous pouvez d’ores et déjà prendre note de ces dates afin de ne pas manquer l’occasion de faire connaître vos avis sur l’installation de ce méthaniseur urbain.

Pour ceux qui ne l’auraient pas déjà fait, nous vous rappelons que vous pouvez signer en ligne notre pétition contre ce méthaniseur en cliquant ici (pétition).

Nos différentes pétitions atteignent maintenant plus de 500 signatures ; merci encore de votre soutien

Le méthaniseur sera implanté à proximité de ce rond point

Un projet qui nous satisfait

Il y a 10 ans, lors de la création du périmètre d’études sur le secteur est de Haute Indre, on nous promettait :

« 150 logements » à construire à l’est de Haute Indre, un « programme dense le long des voies, avec des petits ensembles à un étage à l’intérieur ». 

150 logements ? Pas question. C’est ce qui nous a amenés à créer l’ADRHI. Il nous fallait lutter contre le bétonnage massif du secteur !

Au terme de 10 ans d’acharnement et de travail des  bénévoles de notre association, on en voit enfin le bout car un dernier projet vient d’être présenté aux habitants, qui, selon nous respecte bien l’ « esprit village » auquel nous tenons tant.

Notre charte du bien construire  ici  a été respectée et le public, qui assistait le 2 mars dernier à  la soirée de présentation, ne s’y est pas trompé, certains se faisant même inscrire sur le champ pour être sûrs d’être parmi les premiers à acquérir. 

Car ce projet a de quoi séduire, non seulement du fait de son architecture mais aussi grâce à son tout nouveau système d’accession à la propriété : le bail réel solidaire (BRS) ; sous condition de ressources, les acquéreurs deviennent seulement propriétaires des murs de leur résidence, le terrain restant la propriété du CIF. 

Première tranche de l’urbanisation prévue à l’est de Haute Indre, ce projet nous semble plutôt satisfaisant. Espérons que les prochaines tranches seront de la même veine. Nous y veillerons.

Dans le papier ci-dessous paru le 10 mars, Ouest France relaye cette information.

Nous ne voulons pas être la poubelle de l’agglo, un cri relayé par Ouest France

La réunion d’information du 28 février 2023 a fait salle comble

C’est notre appel que vient de relayer le journal Ouest France du jeudi 4 mars 2023 : non, nous ne voulons pas être la « poubelle » de l’agglomération nantaise..

On a posé la question : « Vous nous dites que ce méthaniseur sera sans danger ?  Parlez-nous plutôt des 400 m3 de digestat du méthaniseur de Châteaulin qui se sont répandus dans l’Aulne en août 2020 privant d’eau potable une cinquantaine de communes de la région ! »

Evidemment là, ça coince …

Décidemment, non c’est non, allez mettre ce méthaniseur ailleurs !

 

 

Méthaniseur de St Herblain, nous n’avons pas notre mot à dire

On l’a bien compris d’emblée : la métropole a décidé d’installer un méthaniseur quai Emile Cormerais à Saint Herblain et pas question de le déplacer ailleurs. Pourtant, les opposants au projet étaient venus en nombre ce mardi 28 février mais, si on nous a écoutés, on ne nous a pas entendus et il est plus que probable que l’on ne tiendra aucun compte de notre avis.

Mardi 28 février, notre appel à participer à cette présentation du futur méthaniseur par Engie Bioz avait bien été entendu et on se pressait nombreux à l’entrée de la salle. Des diapos furent projetées pour présenter le projet, suivies des questions du public, questions plutôt difficiles à poser avec un micro qui marchait mal (et des intervenants qui ne nous écoutaient pas vraiment).

Alors, pourquoi ce méthaniseur à cet endroit ? On nous a expliqué que 5 sites avaient été en concurrence et que c’est celui-ci qui avait été retenu. Quels sites ? Sur quels critères ? Impossible de le savoir. Mais pourquoi justement à côté de chez nous ? La réponse fût incontournable : « C’est une zone à vocation industrielle de Saint Herblain ». Laquelle commune profitera du méthane produit à hauteur de 8 % et 0 % pour Indre. Cherchez l’erreur…  Comme d’habitude, on en aura les ennuis et aucun avantage.

Certains ont abordé le problème du financement du méthaniseur : « un financement de l’ADEME sera sollicité ». Ce qui veut dire des fonds publics pour une entreprise privée ? On s’interroge.

Quant aux passages des camions qui alimenteront l’usine, on nous a parlé de 17 camions par jour, ce qui fera tout de même « 34 passages/jour », qui quitteront le site par la route du Plessis Bouchet et la D 107, la fameuse route des sables. Mais ils ne devraient pas être gênants, paraît-il, car noyés dans la masse de la circulation actuelle, et puis « seulement trois devraient être présents ensemble dans l’usine »… 

Les odeurs ? «Un bio filtre sera installé et nous avons réalisé un « plan de maitrise des impacts olfactifs » ont expliqué les intervenants d’Engie Bios. Ce qui n’a convaincu personne.

Quant aux dangers d’une telle installation, là encore, après  avoir entendu le détail de ce qu’avait déjà dû supporter Indre par le passé, Engie bios a évacué le problème en parlant d’une étude d’impact et de dangers, de laquelle il ressort que si la cuve de biogaz explosait, le résultat en serait juste « une explosion de vitres sur 50 mètres alentour ». Ce qui a fait bondir un spectateur : « Et les voitures sur le quai émile Cormerais ? Et les citernes en face sans parler de l’usine Seveso seuil haut pas loin ? » Et de reparler de la zone Atex (atmosphère explosive)… « Entre 1 et 3 mètres autour des éléments où circule le gaz » nous a-t-on assuré sans rire.

Bref, pas de problème, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Dans l’immédiat, une enquête publique est prévue en avril 2023 et des commissaires enquêteurs devraient relever nos avis. Mais il n’est absolument par certain qu’ils en tiendront compte, car c’est « un projet d’intérêt général » a-t-il été souligné.

Ensuite ce sera au préfet de prendre la décision. Mais cette décision n’est-elle pas déjà prise ? Avons-nous encore une chance de voir avorter ce projet ?

Nous ne voulons pas de ce méthaniseur si près de chez nous. Voici pourquoi

Mais pourquoi diable une majorité d’habitants d’Indre et certains de nos voisins de Saint Herblain et de Roche Maurice seraient-ils opposés au choix du lieu d’implantation d’un méthaniseur ? Explications.

Déjà bien entourés, les habitants d’Indre veulent que cela cesse

Petit village autrefois perdu en bordure de Loire, Indre a, de tout temps, récupéré les déchets et autres de Nantes, sa grande voisine. Mais pas seulement puisque nombre d’industriels, au fil des ans, sont venus y installer leurs usines, pour certaines particulièrement dangereuses.

La carte ci-dessus situe les deux plus gros accidents industriels survenus dans ce secteur ces dernières années, des accidents de sinistre mémoire pour beaucoup :

  • En 1987, le nuage toxique créé par plusieurs centaines de tonnes de nitrate d’ammonium en  feu quai de Roche Maurice. On craindra une explosion qui heureusement ne se produira pas mais 40 000 personnes de l’agglomération seront évacuées.
  • En 1991, l’ explosion d’un dépôt de carburant quai Emile Cormerais à St Herblain tue une personne et en blesse deux autres.  

Quant aux usines toxiques, les alentours d’Indre en sont truffés depuis toujours, la plus importante pour les Indrais ayant été sans conteste la défunte Bordelaise/Soferti, qui en a employé plus d’un. Située entre la haute et la basse Indre, maintenant rasée, elle était la petite sœur de l’usine de Toulouse qui a explosé faisant des dizaines de  morts et de multiples blessés.

Il y a aussi Brenntag, classé Seveso seuil haut, dont l’explosion, ressentie dans un rayon de plus de 2 km autour de l’établissement, impacterait 25 000 habitants. Et Messer, classée Seveso seuil bas.

Il ne faudrait pas oublier non plus l’odorante centrale d’enrobée, la déchetterie de Tougas (dont la vallée du même nom a été remblayée avec les déchets de la ville de Nantes), la station d’épuration de Tougas et ses fumets de vase… On peut aussi parler de l’usine Arc en ciel qui nous vaut le passage incessant de « camions poubelles » en route vers Couëron etc… etc…

Alors décidemment, trop c’est trop.

 

Des avis scientifiques sur la méthanisation

« Il faut écouter les  scientifiques » insiste Daniel Chateigner, coordinateur du Collectif scientifique national méthanisation raisonnable (CSNMR) dans Presse Océan Pays de Retz du 18 janvier 2023 (voir ci-dessous).

D’autant que tout n’est pas clair du côté de Engie.

Voir  ici Cash investigation dévoile un rapport accablant pour Engie

Et que ceux qui se font avoir seraient les agriculteurs !

Voir  ici  Basta Media du 14 septembre 2022

Le tout résumé dans « En Bretagne, la méthanisation sous pression », une enquête de Splana, association d’enquêtes journalistiques  (lien ici)

LES 3 ILES SOLIDAIRES CONTRE LE METHANISEUR

Fruit du travail d’un groupe d’habitants extérieur à notre association, peut-être avez-vous remarqué, depuis dimanche, sur les vitrines des commerces des quais de Basse Indre, l’affiche ci-dessous.

« Nous avons voulu étendre l’information à Basse Indre, celle-ci semblant s’être arrêtée à Haute Indre » expliquent ceux-ci. Ce qui  n’est pas tout à fait exact car, si notre information s’est d’abord adressée bien évidemment à nos adhérents, essentiellement Haute Indrais, nous avons également tracté sur le marché de Basse Indre, aux Arcades à Saint Herblain, à Couëron La Chabossière et à Roche Maurice.

D’ailleurs, rappelle notre présidente, notre association est ouverte à tous les Indrais, notre nom Association des Riverains de Haute Indre remontant simplement à l’époque où nous nous sommes créés pour tenter de limiter l’urbanisation galopante prévue à Haute Indre.

Quoi qu’il en soit, c’est avec plaisir que nous publions ce flyer qui interpelle : Etes-vous informés ??? 

Pas sûr.

Alors si vous voulez tout savoir – et plus encore … – sur ce méthaniseur des bords de Loire, nous vous invitons fortement à participer à la réunion d’information organisée par le porteur de projet, la Société Biométhane des Bords de Loire,

mardi 28 février 2023 à 18 h 30,

à l’espace sportif du Vigneau, salle associative

boulevard Salvatore Allende à Saint Herblain.

Cette réunion est ouverte à tous mais ne manquez pas de vous inscrire (indispensable) auprès de Engie Bioz par mail : info.bioz@engie.com ou par téléphone au 02 23 46 17 62.

Nous devons et nous allons faire bloc face à la menace de l’installation d’un méthaniseur à nos portes. Nous comptons sur vous tous.