
On l’a bien compris d’emblée : la métropole a décidé d’installer un méthaniseur quai Emile Cormerais à Saint Herblain et pas question de le déplacer ailleurs. Pourtant, les opposants au projet étaient venus en nombre ce mardi 28 février mais, si on nous a écoutés, on ne nous a pas entendus et il est plus que probable que l’on ne tiendra aucun compte de notre avis.
Mardi 28 février, notre appel à participer à cette présentation du futur méthaniseur par Engie Bioz avait bien été entendu et on se pressait nombreux à l’entrée de la salle. Des diapos furent projetées pour présenter le projet, suivies des questions du public, questions plutôt difficiles à poser avec un micro qui marchait mal (et des intervenants qui ne nous écoutaient pas vraiment).
Alors, pourquoi ce méthaniseur à cet endroit ? On nous a expliqué que 5 sites avaient été en concurrence et que c’est celui-ci qui avait été retenu. Quels sites ? Sur quels critères ? Impossible de le savoir. Mais pourquoi justement à côté de chez nous ? La réponse fût incontournable : « C’est une zone à vocation industrielle de Saint Herblain ». Laquelle commune profitera du méthane produit à hauteur de 8 % et 0 % pour Indre. Cherchez l’erreur… Comme d’habitude, on en aura les ennuis et aucun avantage.
Certains ont abordé le problème du financement du méthaniseur : « un financement de l’ADEME sera sollicité ». Ce qui veut dire des fonds publics pour une entreprise privée ? On s’interroge.
Quant aux passages des camions qui alimenteront l’usine, on nous a parlé de 17 camions par jour, ce qui fera tout de même « 34 passages/jour », qui quitteront le site par la route du Plessis Bouchet et la D 107, la fameuse route des sables. Mais ils ne devraient pas être gênants, paraît-il, car noyés dans la masse de la circulation actuelle, et puis « seulement trois devraient être présents ensemble dans l’usine »…
Les odeurs ? «Un bio filtre sera installé et nous avons réalisé un « plan de maitrise des impacts olfactifs » ont expliqué les intervenants d’Engie Bios. Ce qui n’a convaincu personne.
Quant aux dangers d’une telle installation, là encore, après avoir entendu le détail de ce qu’avait déjà dû supporter Indre par le passé, Engie bios a évacué le problème en parlant d’une étude d’impact et de dangers, de laquelle il ressort que si la cuve de biogaz explosait, le résultat en serait juste « une explosion de vitres sur 50 mètres alentour ». Ce qui a fait bondir un spectateur : « Et les voitures sur le quai émile Cormerais ? Et les citernes en face sans parler de l’usine Seveso seuil haut pas loin ? » Et de reparler de la zone Atex (atmosphère explosive)… « Entre 1 et 3 mètres autour des éléments où circule le gaz » nous a-t-on assuré sans rire.
Bref, pas de problème, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Dans l’immédiat, une enquête publique est prévue en avril 2023 et des commissaires enquêteurs devraient relever nos avis. Mais il n’est absolument par certain qu’ils en tiendront compte, car c’est « un projet d’intérêt général » a-t-il été souligné.
Ensuite ce sera au préfet de prendre la décision. Mais cette décision n’est-elle pas déjà prise ? Avons-nous encore une chance de voir avorter ce projet ?